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La prise de couleur est un exercice délicat. Elle nécessite d’être réalisée dans les bonnes conditions d’éclairage , c’est à dire à la lumière naturelle d’une fenêtre au Nord, comme c’est enseigné à la faculté et comme le recommandent tous les auteurs.

Qu’est ce que la lumière ?

La lumière est l’ensemble de l’énergie des longueurs d’onde (les couleurs) comprises entre les UV et les infra-rouges.

La lumière visible est l’ensemble des couleurs visibles par l’œil, du violet au rouge. Sa diffraction sur la pluie les rend visibles séparément dans l’arc-en-ciel.
La mesure de la lumière visible par un spectrophotomètre en donne une représentation graphique : c’est le spectre.

La lumière vue est la partie de la lumière visible perçue par l’œil. Car l’organe visuel humain ne voit pas également les couleurs. S’il perçoit parfaitement le vert (couleur du biologique donc de la nourriture), sa sensibilité aux bleus et rouges est très réduite et celle des UV et des IR est nulle. Ce que nous en voyons n’est donc que la résultante partielle d’une petite partie du spectre. C’est la lumière « blanche ».

Ce que l’on voit n’est donc pas toute la réalité.

La lumière blanche : c’est la partie visible de la lumière solaire perçue par l’oeil. Elle est représentée par la partie du spectre figurant en blanc

Le spectre de la lumière visible :
un rôle déterminant

L’œil peut voir 2 spectres différents et croire que la lumière est la même. C’est le cas par exemple avec une source artificielle à 6500K et la lumière du jour naturelle D65. Ces 2 lumières ont la même température de couleur. Mais leurs spectres sont complètement différents car les couleurs n’y sont pas d’énergie voisine. La lumière réfléchie par une dent éclairée par l’un ou l’autre spectre sera donc complètement différente.

La vision sous la source artificielle 6500K est ainsi trompeuse. On croit être en lumière du jour, mais ce n’est pas de la lumière du jour. Et on constatera l’erreur uniquement lorsque la patient sortira dehors.

La couleur réelle ne peut être perçue justement que sous une lumière dont la température de couleur et le spectre sont équivalents à ceux du D65 de la lumière du jour.

Spectre D65 6500K
Spectre LED 6500K

Les appareils de prise de teinte

Leur principe de fonctionnement repose sur l’éclairement unidirectionnel d’un petit point de la dent par une LED émettant un spectre connu (par exemple une LED à 6500K). Une caméra effectue une spectroscopie de la lumière réfléchie et un ordinateur calcule, couleur par couleur, ce qu’aurait été le spectre réfléchi si la dent avait été éclairée sous le spectre de l’illuminant D65.

Pour schématiser, l’appareil de prise de teinte « sait » combien son spectre contient d’énergie d’éclairement pour chaque couleur par rapport à la véritable lumière du jour. Il applique donc à la valeur réfléchie par la dent une correction par une règle de 3.

Comme la surface d’une dent présente de multiples variations de couleurs, de très nombreuses mesures doivent être effectuées. C’est l’opérateur qui devra déterminer les points à mesurer. Et pour cela, il doit voir sans se tromper les différences de couleurs. Si sa vision est trompée par la source d’éclairage général, ses choix de mesure ne seront pas pertinents ou incomplets.

Comme par ailleurs, la vision de la couleur de la dent ne peut être perçue que sous une lumière multidirectionnelle (comme la lumière extérieure), il y a toutes les chances que les mesures de la caméra obtenues par une lumière unidirectionnelle soient tronquées.

De l’avis des spécialistes, l’utilisation de ces outils est très complexe et sujette à un très fort risque d’erreur.

La prise de couleur : une opération à haut risque

Elle comprend l’appréciation des masses émail, de la micro-géométrie des surfaces, de la luminosité de l’émail, de la saturation de la couleur, de la teinte de la dentine.

Cela impose que l’oeil fonctionne dans les meilleures conditions d’éclairement pour voir sans erreur tout au long de la journée.

Il le pourra uniquement sous le spectre de lumière et dans les conditions directionnelles de la lumière naturelle.

Rendons donc à César ce qui lui appartient et servons-nous du meilleur outil de prise de couleur que nous ayons : nos yeux, pour peu qu’ils soient servis par un spectre D65 certifié.

Ce que nous voyons n’est qu’une partie de la réalité

Dans l’Allégorie de la caverne de Platon, les hommes enchaînés dans une grotte imaginent que les ombres projetées sur les murs sont la représentation du monde réel.

L’apparence la couleur change avec le spectre

Une voiture bleue dans un tunnel parait noire. Et pourtant elle ne l’est pas. Une dent éclairée par une lumière orange parait orange. Et pourtant elle ne l’est pas.

2 spectres différents donnent à la dent 2 couleurs différentes.